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Biographie | Témoignages

CLASSICA, juillet-août 2013

L'ART DONNE DU SENS À NOS ÉNIGMES HUMAINES

(...) A contrario, je suis rassuré (?) par le beau livre du pianiste roumain Andreï Vieru, Eloge de la vanité, où je lis : "À partir du moment où tout un chacun est incité à se décomplexer, à sortir dans la rue sans cacher aucun de ses défauts physiques, mais plutôt en exhibant ses bourrelets; à partir du moment où tout un chacun est incité à se manifester sur la place publique sans faire semblant d'atténuer aucune de ses difformités morales ; à partir du moment où tout se vaut, on voit bien que la Beauté - à commencer par le sublime du visage et du corps féminin - est devenue, dans la mesure où elle trouble l'uniformité du paysage et la paix des âmes, une réalité et un "concept" politiquement incorrects... À partir de là, les jours de l'Art sont comptés." En fait, ce livre lucide ne me "rassure" pas, sinon en ce qu'il conforte mon impression, mon analyse (...)

Alain Duault

Un message de Jack-Alain Léger au pianiste Cédric Tiberghien

Vous croyez bien connaître l'Art de la Fugue, de Soeur Sebastiane Bare... Oui mais non... Parce que si vous ne l'avez jamais entendu artisané sur un petit nuage par le pianiste roumain Andreï Vieru... INA - Mémoire Vive - IMV025

Voilà un pianiste de 35 balais... qui joue comme un jeune dieu de 90 ans... ce qui permet de voir à quel point "nos" jeunes sino-coréens et autre Grimaud (et oui !) ont encore infiniment de choses à apprendre...

Difficile... sinon tout simplement impossible de l'écouter au clavecin... aussi immense le bouziniste soit-il...

Éventuellement à l'orgue, ou en quatuor (pas mal, d'ailleurs, la version quatuor)...

Enfin, bien évidemment, les trois versions Scherchen...

Melmoth - forcément

Salmagundi, mars 2012

(...) Cioran avait ses préférés dans les arts du spectacle, tel Wolfit ou, dans la musique, le pianiste roumain Dinu Lipatti, qu'il a loué pour avoir eu la "gentillesse" de mourir jeune. Toutefois, des compositeurs comme Bach ou Alessandro Scarlatti, ainsi que quelques autres, avaient occupé dans son cœur une place différente, jamais démentie.

Cioran appréciait particulièrement le jeune pianiste/écrivain/mathématicien roumain Andreï Vieru, aussi bien comme ami que comme artiste, dont il percevait le magnétisme tout à fait spécial (...)

Benjamin Ivry

Une lettre de Cioran à A. V.

Paris, le 16 novembre 1990

Cher Monsieur,

Merci de m'avoir parlé dans le langage de mon dieu. Tout le reste pâlit à côté de lui.
À peu près tout ici-bas m'a déçu, sauf Lui.

Et c'est lui seul qui rend le suicide impossible.

Bien cordialement,
Cioran

Lettre du compositeur et philosophe Hugues Dufourt à A. V.

Paris, le 25 janvier 2007

Cher Monsieur,

Votre livre est une belle et terrible polyphonie du siècle, avec ses destins entrecroisés, ses hautes figures, celles aussi qui le sont moins, plus grimaçantes, et qui forment la toile de fond de ce monde irrecevable. J'ai beaucoup apprécié l'élégance du ton, certains propos altiers qui dénotent la fréquentation des cimes. Et je trouve admirable que l'on puisse conjoindre à ce point le don musical et la disposition mathématique.

Vous avez quelques propos cruels pour le monde de l'art, bien mérités d'ailleurs, car quiconque l'a fréquenté saura reconnaître un indiscernable mélange de narcissisme et d'abjection.

Vous nous rapportez aussi ce que dit le vent d'Est. Il est, comme toujours, plutôt glaçant. Votre livre, cette polyphonie de la mémoire, évoque, dans la perfection elliptique de son style, vos interprétations musicales et je suis heureux de découvrir que les exigences de l'écrivain sont aussi hautes que celles de l'interprète.

Hugues Dufourt

Lettre de l'essayiste et traducteur Pierre-Emmanuel Dauzat
à A. V.

Paris, le 18 juillet 2007

Cher Ami,

(...)

Ce petit livre est délicieux et profondément juste. J'aime l'aisance de votre Paragone, c'est art de passer d'un domaine d'élection à l'autre. Vos propos sur votre père, sur Cage sont touchants. "Nombres" est époustouflant. J'ai relu avec bonheur vos pages sur Cioran, avec votre définition du second degré. (Mon seul regret est de ne pouvoir vous publier dans le volume Cioran qui paraîtra chez Gallimard.) L'ironie ou l'insolence vous sied. Je m'en doutais. Mais ces pages sont celles d'un enchanteur.

(...)

Pierre-Emmanuel D

Lettre de l'écrivain Alberto Manguel à A. V.

Le 28 janvier 2007

Cher Monsieur,

Votre livre est un délice : vos aperçus sur le monde de Cioran, vos "suites et variations" sur son thème, m'ont enchanté par leur originalité, intelligence et humour. Et vos textes sur la musique m'ont éclairé tant de choses dans un sujet dont mon ignorance ne cesse de me surprendre.

Alberto Manguel

Lettre de l'écrivain et traducteur Jean Pavans à A. V.

Vendredi, le 12 janvier 2007

(...)

À un moment donné, il y avait eu le projet de me faire traduire de Julien Green un livre qu'il avait écrit directement en anglais (Memories of Happy Days). Il m'avait reçu rue Vanneau, il avait eu la coquetterie bienveillante ou condescendante de me déclarer quelque chose comme "je suis très fier d'être traduit par le traducteur de Henry James", et puis il avait révélé sa vraie pensée prudente et méfiante en me demandant : "Mais, dites-moi, comment faites-vous pour traduire un auteur si subtil et si complexe ?" À quoi j'avais répondu, par boutade, mais avec sincérité : "Comme je ne sais pas l'anglais, je suis bien obligé de le traduire pour pouvoir le lire." Évidemment, il n'a dès lors plus été question que je traduise Memories of Happy Days. Mais plus que jamais je tiens à ma boutade. L'ignorance n'est pas incompétence, et c'est un vigoureux moteur de découverte.

Considérez ces aveux, cher Andrei, comme un véhicule pour mes vœux (pardon pour l'assonance !), et comme une preuve de l'implication mimétique avec laquelle je vous lis.

Jean Pavans

Lettre du philosophe Michel Serres à A. V.

Académie Française, Paris, le 9 janvier 2008

Je suis inexcusablement lent. Mais si j'ai mis tant de temps à vous lire c'est que je goûtais ce qui vaut d'être goûté, c'est-à-dire tout cet ecclésiaste gai. Bravo

Avec admiration
Michel Serres

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